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Un auteur, un livre, des réflexions, et moi...!
| NIETZSCHE Friedrich W. | GENEALOGIE DE LA MORALE | Introduction | Nietzsche et la morale | index : 1 |
Détails Zarathoustra |
... de victoire des valeurs nobles, d'ennoblissement, il demande au contraire si l'on peut parler de progrès lorsque l'individu se soumet à la communauté, lorsque pour sa propre conservation la communauté sacrifie l'individualité. Ce questionnement culmine dans l'aphorisme 132, consacré aux « derniers échos du christianisme dans la morale »: «Chacun semble aujourd'hui prendre plaisir à entendre que la société est en train d'adapter l'individu aux besoins universels et que le bonheur ainsi que le sacrifice de l'individu consistent à se considérer comme un membre utile et un instrument du tout(...).» (Trad. J. Hervier, Aurore, §132, O.P.C. IV, p 109) Or, c'est là un « résidu de la mentalité chrétienne » à l'origine, dans son désir de se venger de Rome, le christianisme invite chacun à se retirer du monde pour. assurer son salut personnel, la fin étant imminente: mais cette prophétie ne s'est pas réalisée, et l'égoïsme a peu à peu cédé la place à l'altruisme, à l'amour du prochain. Une fois discréditée en tant que conception du monde, cette morale a été laïcisée. L'amour du prochain est désormais « le courant moral fondamental de notre époque ». II reste à savoir s'il s'agit vraiment d'une victoire des valeurs nobles, si cette subordination de l'individu à la communauté signifie un accroissement de forces de l'espèce. Dans Le Gai Savoir, Nietzsche passe résolument de l'interrogation à la négation. Jusque-là, il avait cautionné l'idée d'une élévation progressive de l'ensemble de l'espèce humaine aux valeurs issues de la domination des races et des castes nobles, désormais, il fait état d'une victoire du « troupeau ». «Partout où nous rencontrons une morale, nous rencontrons une évaluation et un classement hiérarchiques des instincts et des actes humains. Ces classements et ces évaluations sont toujours l'expression des besoins d'une communauté, d'un troupeau: c'est ce qui profite au troupeau, ce qui lui est utile au premier chef (...) qui sert aussi de mesure suprême de la valeur de tout individu. » (Trad. A. Vialatte, Le Gai Savoir, §116, Paris, Gallimard, 1967, p 162) Par rapport à cet «instinct du troupeau » (c'est le titre de l'aphorisme 116), le progrès passe par l'émancipation de l'individu. Mais, du coup (ce que suggérait déjà Aurore), le progrès ne peut être, au sens strict, qu'immoral. La moralité reposant sur l'instinct grégaire, l'individu ne peut s'émanciper du troupeau que dans l'immoralité. Par conséquent, l'espèce humaine peut bien se « conserver » grâce à la morale, mais elle ne saurait progresser: pour y parvenir, il lui faudrait devenir de plus en plus immorale. Cc nouveau renversement de perspectives prend avec Zarathoustra une forme soudain dramatique. Nietzsche fait descendre de sa caverne, isolée dans la montagne, le légendaire mage perse pour qu'il prêche aux hommes de la plaine « le Surhomme», car il estime que l'homme n'est pas fait pour se conserver, mais au contraire pour se dépasser: « Tous les êtres jusqu'à présent ont créé quelque chose qui les dépasse, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et retourner à la bête plutôt que de surmonter l'homme? (Trad. M. Bletz, Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue, §3, Paris, Le Livre de Poche, 1963, p 162) » |
| NIETZSCHE Friedrich W. | GENEALOGIE DE LA MORALE | Introduction | Nietzsche et la morale | index : 1 |
| Mots Clés |
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UTILE, HOMME, UNIFORMITE |
Ce questionnement culmine dans l'aphorisme.... |
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Most recent revision 16/08/2002